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L’hybride, une benne de plus en plus recherchée !

Par : Christian Bolduc

L’Écho du transport existe principalement pour rendre compte de la réalité complexe et diversifiée de l’industrie du camionnage au Québec. Les nouveautés, innovations, nominations, réglementations et autres tendances sont notre lot quotidien. Nous aimons savoir ce qui est ou deviendra une tendance dans les prochaines années et qui est aux avants postes pour voir ces innovations, nouveautés et autres tendances surgir pour améliorer la productivité, le confort et/ou la sécurité de tout un chacun.

Dans le domaine spécifique de la benne basculante, force est de constater que ça bouge de plus en plus par l’innovation technologique de certains produits dont la popularité monte en flèche. C’est le cas spécifique de la benne basculante hybride, « un produit introduit sur le marché depuis plusieurs années déjà et qui connaît, nous disait Charles Dubé de Pierquip, une progression soutenue et continue parmi notre clientèle spécialisée ».

 L’hybride à fourchette

Conseiller technique chez ce distributeur de remorques basé à Mirabel, dans les Basses-Laurentides, M. Dubé explique à L’Écho du transport que l’industrie de la construction et ses dérivés sont de plus en plus séduits par cette innovation particulière: une benne hybride à fourchette.

La particularité de ce produit se situe sous la benne, au niveau du châssis. Faite d’acier, la fourchette est une composante intégrée du châssis de la benne. Et contrairement aux autres catégories de bennes, l’hybride se caractérise par un châssis qui peut se déplier lors des manoeuvres de déchargement. Si le produit est de plus en plus populaire, c'est aussi grâce à son inventeur, Phil Larochelle Équipements, un manufacturier de Québec qui, en 1973, a introduit le premier châssis à fourchette sur le marché.

« La caractéristique première de cette innovation est d’augmenter la stabilité du chargement lors du déchargement, nous dit M. Philippe Larochelle, président de Phil Larochelle Équipements. On sait que les sols sont rarement praticables sur les chantiers de construction et que les risques de renversements latéraux sont, conséquemment, plus élevés lors de manoeuvres de cette nature. »

Lorsque le chauffeur est prêt à décharger son contenu, il soulève la benne vers le haut pour en extirper le contenu qui peut être du sable, du gravier, de la glaise, de l’asphalte chaud ou non, etc. À ce moment-là, le châssis à fourchette se rétracte en forme triangulaire pour rapprocher les roues du tracteur avec celles de la remorque.

« En rapprochant les deux ensembles de roues, la fourchette du châssis assure une ­stabilité et une sécurité pour l’opérateur ainsi que les employés qui pourraient potentiellement se trouver dans la zone à risque lors du déchargement ».

 Le blocage de roues

Technologie disponible sur deux ou trois essieux - consulter la Charte des normes de charges dans l’édition actuelle de L’Écho pour les contingences techniques spécifiques, le poids légal permis en fonction de la distance entre les essieux et leurs capacités, etc. - le châssis à fourchette intègre également une caractéristique complémentaire: le blocage des roues.

Pensé et installé pour augmenter la stabilité et la manoeuvrabilité lors de déchargements, le système, précisait M. Dubé permet que « les roues arrière puissent être bloqués, ce qui entraîne le tracteur vers l’arrière. Cette technologie de blocage est souvent utilisée lorsque le chargement se fait alors qu’il y a un dénivelé au niveau du déchargement. »

Les roues arrière du tracteur peuvent être elles aussi bloquées pour permettre, lors du déchargement, au contenu d’être étendu sur une plus longue distance en entraînant la benne - par la fourchette rétractable du châssis - vers l’avant.

Ce système indépendant de blocage des roues a aussi été imaginé pour sortir les opérateurs du pétrin lorsque leur benne hybride est engluée sur un terrain hostile. Étant donné que les freins arrière du tracteur sont indépendants des freins de la remorque, il est possible d’activer les uns lorsque les roues des autres sont coincées. « Au début des années 1970, nous dit M. Larochelle, le Québec vivait une époque d'expansion économique majeure. La Baie James et autres chantiers imposaient une autonomie totale aux opérateurs lors des déchargements sur des terres souvent vierges de trace humaine. Pour répondre à ce besoin d'autonomie, l'équipe de mon grand-père a conçu ce châssis à fourchette permettant une telle manoeuvrabilité aux opérateurs de bennes ».

Et dessus ?

Il est possible, évidemment, d’installer des bennes d’aluminium ou d’acier sur les châssis à fourchette. En regard à l’utilisation que vous en faites, bien entendu. L’alumi­nium, plus léger de l’acier traditionnel, intéresse généralement les entrepreneurs qui ­multiplient les voyages dans une journée avec des matériaux tels l’agrégat, la terre meuble ou le sable et qui veulent augmenter la charge transportée, alors que l’acier tend généralement à intéresser les entrepreneurs dont le chargement est rocailleux, notamment.

M.Dubé nous disait que l’acier Hardox AR 450 de 3/16 pouce était normalement utilisé à l’intérieur de la benne (1/4 pouce au plancher), notamment pour les applications nécessitant une bonne résistance à l’usure. L’acier AR 200, de son côté, est plus mince et vise un marché comparable à la benne d’aluminium: les abrasifs précédemment identifiés.

Fait à noter, en terminant, est l’important lien entre la longueur et le matériau (aluminium ou acier) de la benne et sa matière transportée. La hauteur atteinte par la benne lors du levage est évidemment variable. Cependant, qu’elle ait 37 pieds, 33 pieds ou 25 pieds de longueur, le contenu de la benne peut partiellement coller au fond ou se compacter d’un côté ou de l’autre de la benne, ce qui peut entrainer, dans ce dernier cas, un basculement latéral dont le degré de dangerosité n’a d’égal que les coûts supplémentaires engendrés pour le sauvetage.

Il est donc judicieux de faire un inventaire des formes de bennes et leurs caractéristiques particulières. M. Dubé de Pierquip a souligné trois configurations possibles: le radius, le carré et à cuvette.
Le radius (voir photo ci-dessous) est un modèle très utile pour le transport de vrac (concassé, sable, terre). Ordinairement en aluminium, le radius permet une concentration de la matière à transporter vers le centre.

Le modèle carré permet, lui, un plus grand volume de stockage que le radius étant donné sa forme. Populaire, ce modèle permet aux pelles mécaniques d’avoir un bon accès à la matière transportée si elle colle au fond de la benne.

La cuvette - en forme de demi-lune - est moins populaire que les deux autres au Québec, notamment parce qu’elle sert à transporter des matières spécialisées, contaminées ou semi-liquides par exemple. Incidemment, ce modèle, nous disait M. Dubé en terminant, est très populaire dans l’ouest canadien parce que la matière peut être déversée ­rapidement alors que le tracteur est en constant déplacement. Les entrepreneurs spécialisés dans la construction d’autoroutes ­l’aiment pour l’efficacité au quotidien. Une question de culture et de sensibilité, dit-on…

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