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La conduite hivernale

Par : Christian Bolduc

Rien n’est plus naturel que des manufacturiers de pneus pour nous donner le ton sur les caprices de dame nature et ses conséquences sur la praticabilité de nos routes en hiver. Rompus aux innombrables expériences transmises par toutes les catégories de conducteurs de véhicules à leurs détaillants et autres spécialistes de l’industrie, les fabricants de pneumatiques sont les mieux placés pour « comprendre » les caprices de la route en hiver: ils sont les seuls dont les produits sont en contact permanent avec le bitume.

Conséquemment, ils savent que mettre des pneus parfaitement adaptés à la saison sur les véhicules est une condition essentielle de base pour réussir à sécuriser complètement les usagers - et la route - de ses impondérables saisonniers: un entretien automnal judicieux, des équipements adéquats et sécuritaires, une bonne préparation avant départ ainsi qu’une conduite préventive, efficace et raisonnée sont, ultimement, les éléments requis pour une conduite hivernale agréable, prévisible et sécuritaire.

Internet comme outil pédagogique

Et pour être certain que tout le monde puisse avoir accès aux conseils éducatifs et préventifs de leurs experts, Michelin, avec un espace virtuel complet, animé de courtes vidéos ciblées ainsi qu’un test de conduite théorique, et Bridgestone avec une liste de comportements et vérifications à faire avant et pendant la conduite, ont mis sur pied, chacun de leur côté, un site Internet qui offre aux conducteurs un guide sur les différentes étapes à suivre – et à intégrer – au quotidien pour minimiser les risques hivernaux, parmi lesquelles on trouve des conseils de conduite et de prévention ainsi que la bonne attitude à avoir sur la route en tout temps.

La CAA-Québec propose, de son côté, quelques consignes de sécurité universelles qui nous rappellent toute l’importance de leur application au quotidien. Mais avant de décliner l’attitude à adopter et les façons de se comporter sur la route, il est fondamental de préparer adéquatement son véhicule l’automne venu. On parle de mécanique bien sûr, mais également d’accessoires adaptés, d’utilités d’urgence en cas de panne ou ­d’accidents et de pneus d’hiver adaptés et performants. D’entretien préventif, finalement.

 Entretenir son véhicule… …avec des équipements adaptés

Évidemment, qui dit hiver dit forcément conditions difficiles. Et qui dit conditions difficiles dit forcément équipements plus robustes, parmi lesquels ont trouve la batterie qui doit être assez forte pour affronter le froid intense et faire démarrer le véhicule au quotidien. « Les basses températures, dit-on sur le site Internet de Michelin nommé “l’Académie de conduite hivernale Michelin”, lequel offre une révision des règles de prévention et de conduite et un test pour avoir une chance de gagner quatre pneus d’hiver, peuvent décharger la batterie. » Il est donc essentiel de faire vérifier l’état de sa batterie avant l’hiver et la faire changer au besoin.

« Ensuite, nous dit-on sur le site Internet de Bridgestone (en anglais seulement en ce qui a trait aux conseils hivernaux), votre garagiste doit procéder à une vérification poussée de la suspension, des freins et des systèmes de refroidissement. Il est plus facile de manœuvrer avec un maximum de stabilité si la suspension est efficace, alors que des freins adéquats réduisent considérablement les risques ­d’accident, notamment lorsque la chaussée est glissante et/ou enneigée ».

 «Aussi, nous disent le CAA ainsi que les deux manufacturiers, les essuie-glaces d’hiver, plus épais et robustes, doivent impérativement être installés à l’automne pour maximiser la visibilité frontale lors d’intempéries telles le verglas, les tempêtes de neige et la pluie verglaçante, le sel déposé sur le pare-brise et la gadoue envoyée par les autres usagers de la route croisant votre chemin. »

Enfin, automobilistes et autres camionneurs doivent être prudents quant à la viscosité de l’huile car, nous dit Michelin, « le froid de l’hiver tend à la densifier et à la rendre moins performante si elle (la viscosité) est trop élevée. »

L’importance des pneus

« L’hiver, nous disait le porte-parole et initiateur du projet de l’Académie de conduite hivernale Michelin, pilote automobile professionnel et formateur Richard Spénard lors d’une rencontre dans les locaux du géant français à Laval, il faut commencer par avoir un véhicule bien équipé et adapté aux conditions spécifiques de notre nordicité. Et qu’est-ce que cela veut dire ? D’abord, il faut savoir qu’en deçà de 7 degrés Celsius, la gomme des pneus quatre saisons, plus dure, n’adhèrent plus efficacement au sol froid ou gelé ».

De bons pneus d’hiver sont donc requis, « simplement parce qu’ils sont le lien unique entre le conducteur et la chaussée », nous disait M. Spénard. D’accord, mais comment peut-on savoir quels sont les bons pneus ? Nadine Lussier, responsable nationale des communications chez Michelin, nous dit qu’il faut d’abord connaître le type de conducteur, la marque du véhicule, l’utilisation qui en est faite (urbaine, rurale, mixte, professionnelle, promenade, montagneuse) et le kilométrage prévu avant de proposer les produits adaptés à chaque conducteur.

Une fois les paramètres spécifiques de l’utilisateur bien identifiés, il est possible d’orienter le type de gomme et les rainures à privilégier pour chacun des pneus. Une fois installés, il faut savoir que la pression atmosphérique desdits pneus joue un rôle important dans le maintien ou l’altération de la pression d’air interne. En effet, M. Spénard nous dit qu’un pneu perd en moyenne 7 kPa (1lb/psi) chaque fois que la température baisse de 5 degrés Celsius.

Il est recommandé, conséquemment, de vérifier la pression de tous les pneus le jour suivant un premier gel ainsi qu’une fois par mois, et ce l’hiver durant. De cette façon, vous pourrez réduire la consommation de carburant et optimiser la durabilité des pneus en en minimisant l’usure irrégulière et/ou prématurée.

 Savoir conduire… et se conduire

Une fois toutes ces étapes franchies, il ne reste qu’à prendre la route. « Mais attention ! Les automatismes que nous reproduisons au quotidien ne sont peut-être ni adéquatement ni uniformément appliqués par les principes de la bonne conduite hivernale », nous dit, concentré, M. Spénard.

Avant de démarrer le véhicule, l’usager doit bien dégager le toit et toutes les vitres de la neige et/ou la glace qui a pu s’accumuler durant l’inactivité. Pour les chauffeurs de tracteurs, il est impératif que le toit de leur semi-remorque soit complètement nettoyé des possibles plaques de glace qui peuvent se former entre deux voyages. La loi 498 du Code de la sécurité routière stipule d’ailleurs que « nul ne peut jeter, déposer, lancer ni laisser se détacher du véhicule qu’il conduit, ni permettre que soit jeté, déposé ou lancé de la neige, de la glace ou une matière quelconque sur un chemin public ».

Cette disposition de la loi vise un double objectif. S’assurer d’abord que le conducteur du véhicule puisse s’offrir une visibilité maximale lorsqu’il prend la route. Ensuite, elle assure une sécurité optimale aux usagers de la route croisant au hasard son chemin.

Ce que corrobore le CAA-Québec via ses conseils Web en matière de conduite hivernale, un club automobile dont la réputation en matière de prévention n’est plus en faire : « 90 % des informations pertinentes dont a besoin le conducteur pour assurer sa sécurité est celle des autres se trouvent dans l’exploration visuelle. Gare aux igloos sur les toits », ajoute-t-on aux conseils d’usage d’avant départ.

Autre élément sur lequel le conducteur doit s’attarder est la neige ou la glace coincée à l’intérieur des roues du véhicule. « Négliger de nettoyer les intérieurs de roues, ajoute-t-on chez Bridgestone, peut entraîner une imprécision dans la conduite, une altération dans le contrôle du véhicule et de la durée de vie de certaines composantes essentielles de la direction. »

Lorsque les conditions sont mauvaises ou tendent à se détériorer rapidement, veillez à vous assurer de conduire « dans vos phares », c’est-à-dire de ne jamais prendre une direction que vos phares n’ont pas sanctionnée au préalable. Pour ce faire, il faut savoir nettoyer convenablement tous vos phares AVANT de partir, question de bien voir les obstacles et de les maîtriser grâce à une visibilité maximale.

Vérifier aussi au préalable les prévisions météorologiques est aussi une bonne façon de prévenir les dangers potentiels. « Ayez avec vous le kit du parfait conducteur prévoyant, nous dit encore M. Spénard: du sable ou du sel, une pelle, une couverture, des câbles de démarrage, des fusées d’urgence, une trousse de premiers soins, un chauffe-bloc et un peu de nourriture sèche, notamment. » Vous êtes maintenant prêt à prendre la route.

 La bonne attitude

Lorsque les premières neiges tombent au sol, il est normal d’être craintif ou nerveux. Nos repères habituels sont chamboulés par ce nouvel et dangereux obstacle. Nos réflexes doivent donc être modifiés ­drastiquement pour intégrer la conduite hivernale: la prudence, une prévoyance supplémentaire ainsi qu’un comportement adapté aux conditions réelles.

D’abord réduire sa vitesse de croisière. Au CAA-Québec, on indique qu’à 100 km/h, un véhicule automobile a besoin de 40 mètres pour freiner d’urgence sur une surface sèche... Alors imaginez la distance nécessaire pour freiner sur la neige ou la glace !

« Pour être bien certain de “connaître” l’état de la chaussée, il est recommandé de tester l’adhérence de la route, nous dit M. Spénard. Tout en s’assurant d’être seul, le conducteur peut freiner brusquement à une vitesse réduite (autour de 20 km/h) et constater le comportement de son véhicule. Évidemment, cette manoeuvre doit être faite de façon sécuritaire, c’est-à-dire exempte de véhicules et/ou de piétons à proximité ».

Garder une bonne distance entre vous et le véhicule qui vous précède fait partie de la prévoyance élémentaire dont on parlait précédemment. Pour y arriver, compter entre trois et six secondes entre le passage du véhicule qui vous précède et vous. Plus le temps est mauvais, plus long doit être le délai. Un indice important : « Si vous ne voyez pas les roues du véhicule devant, nous dit le CAA-Québec, c’est que vous êtes trop proche »

« Dans une courbe, nous dit M. Spénard, il ne faut pas faire de geste brusque et limiter sa vitesse avant d’y entrer est la meilleure chose à faire. Il faut de plus éviter les freinages et les accélérations brusques et n’augmenter sa vitesse qu’une fois sortie complètement du virage ».

« L’anticipation doit également faire partie du coffre à outils du parfait conducteur, nous dit Bridgestone et son Essential Winter Driving Tips (conseils pratiques essentiels pour la conduite hivernale). En termes clairs, il est recommandé d’être totalement concentré sur la conduite pour éventuellement anticiper les dangers inhérents à la conduite hivernale ». « Malheureusement, précise M. Spénard, peu de conducteurs québécois ont appris à réellement conduire sur la neige et la glace. »

« En Norvège, ajoute encore M. Spénard, tous les conducteurs agréés doivent suivre, à tous les cinq ans, une formation d’appoint en conduite hivernale. Au Québec, en revanche, aucune exigence n’est prescrite par la loi pour les apprentis mais également en regard aux aguerris conducteurs. Ce qui est, à mon avis, un non-sens pour une société qui passe la moitié de la l’année sur des chaussées glissantes. »

 La formation en conduite hivernale

Pour parer à l’absence de formation obligatoire en conduite hivernale, il faut s’en remettre à la responsabilité individuelle de chacun ainsi qu’aux initiatives corporatives ciblées en conduite préventive. Dans cette mouvance, une entreprise québécoise existe pour répondre aux besoins de ceux et celles qui veulent se perfectionner et augmenter, du même coup, leur niveau de confiance et de compétence en conduite hivernale : Mécaglisse.

Passionnés de conduite, les gens de Mécaglisse offrent des cours en circuit fermé pour vous permettre d’apprivoiser la conduite hivernale de façon sécuritaire, mieux contrôler votre véhicule et mieux réagir dans des conditions combinées de glace, de pluie et/ou de neige.

De plus, ces cours vous permettent de bien exploiter des technologies intégrées à votre véhicule pour en améliorer la sécurité et la performance : ESP, ABS et autre anti-patinage. Ces technologies aident à freiner (ABS), empêchent de glisser (anti-patinage) ou contribuent à rétablir la stabilité (ESP) du véhicule.
La formule suivante, éculée, demeure néanmoins valable ici en ce qui a trait à leur utilité: mieux vous êtes formé et plus vous êtes confiant de prendre la route et les bonnes décisions qui viennent avec ! 

 Quelques liens utiles :

En français :
Académie de conduite hivernale Michelin :
http://www.bonhommemichelin.ca/pneu-hiver/conduite-hivernale/

En anglais :
Bridgestone’s Winter Driving Safety"
http://www.winterdrivingsafety.com/

CAA-Québec
http://www.caaquebec.com/

Centre de formation Mécaglisse (cours de conduite préventive) :
http://www.mecaglisse.com/

Association spécialisée en pneumatique :
www.rubberassociation.ca/wintertires.html

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par Christian Bolduc

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Gilles Riel, directeur, produits commerciaux chez Unimax