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LES CONFÉRENCES TECHNIQUES DU CTCQ

Le Yéti, ainsi que l'expliquait L'Écho du Transport dans un article paru en octobre 2008, a été conçu et fabriqué selon un modèle de porte d'arche pour accélérer le déneigement des remorques via un panneau de commande à distance entièrement automatisé. Cela évite ainsi à une entreprise qui en fait l’achat d’avoir à utiliser des membres de son personnel pour déneiger manuellement chaque remorque de sa flotte de camions. Industries B. Rainville a officiellement acquis, en avril 2008, le brevet de ce système inventé à Saint-Éphrem-de-Beauce.

« Le Yéti permet de déneiger une remorque en moins de deux minutes. Pour un transporteur et son camionneur, c'est un avantage non négligeable parce que ça évite des pertes de temps et ça permet à un chauffeur de partir assez tôt et de livrer plus rapidement et juste à temps son chargement, dans le respect des règles de sécurité routière. Le Yéti est doté d'une tête à triple action, c'est-à-dire à trois vis toutes munies de capteurs de mouvement pour détecter l'arrivée d'une remorque sous la porte d'arche de l'appareil », a expliqué Réjean Pomerleau, représentant aux ventes chez Yetico.

Selon M. Pomerleau, Yetico n'a eu à changer aucune composante sur les appareils de type Yéti qu'elle a vendus depuis deux ans, à l'exception d'un de ces engins vendu à une compagnie de transport.

« Il faut absolument que chaque camion plaçant sa remorque sous l'appareil le fasse en avançant en ligne droite et surtout pas en entrant à reculons. Un camionneur qui ne suit pas les consignes risque d'endommager les parois de l'appareil si son camion et sa remorque sont croches par rapport au Yéti lorsqu'il arrêtera sous le Yéti. En plus, les capteurs de l'appareil ne détectent pas une remorque qui entre à reculons. C'est entre autres ce qui s'est produit chez le transporteur en question. L'autre chose qui s'est également produite et qu'il ne faut surtout éviter de faire, c'est de stationner le tracteur du camion sous l'appareil plutôt que la remorque », a précisé M. Pomerleau.

Le coût d'achat d'un appareil Yéti est de 79 800 $. M. Pomerleau indique par exemple, en citant une étude faite pour la compagnie par la firme Raymond, Chabot, que pour une flotte de 60 remorques, un coût de déneigement de 25 $ par remorque et de 1500 $ par tempête selon un scénario estimé à 13 tempêtes durant un hiver, le coût annuel d'un appareil Yéti pour une compagnie de transport revient alors à 19 500 $. Selon lui, cela signifie que cette compagnie obtiendra le retour sur son investissement sur une période de quatre ans.

Le déneigement: une obligation et non un choix

Réjean Pomerleau s'est cependant attardé davantage aux questions d'ordre juridique entourant le déneigement des remorques, en rappelant que cette tâche constitue une obligation pour tout transporteur et non un choix.

« La Loi 498 du Code de la sécurité routière stipule que "nul ne peut jeter, déposer, lancer, ni laisser se détacher du véhicule qu'il conduit, ni permettre que soit jeté, déposé ou lancé de la neige, de la glace ou une matière quelconque sur un chemin public". L'accumulation de neige peut rendre la conduite difficile, mais surtout causer des problèmes de visibilité pour les conducteurs qui suivent des camions qui ne sont pas ou mal déneigés. Il y a aussi de la glace qui peut se détacher du toit d'une remorque et frapper un pare-brise. C’est encore plus dangereux parce que le fait de ne pas déneiger une remorque peut causer un accident et entraîner des blessures sérieuses ou, pire, le décès d'une ou de plusieurs personnes dans un autre véhicule », souligne M. Pomerleau.

Il précise que des infractions à la loi peuvent résulter en des amendes pour le conducteur du camion et le propriétaire ou ­l'exploitant de véhicules lourds, ainsi qu'en des points de démérite au dossier du propriétaire à la Commission des transports du Québec.

Celui-ci ajoute qu'aux États-Unis, de plus en plus d'États légifèrent dans le domaine du déneigement de remorques. Il mentionne entre autres l'article 75 de la loi sur la sécurité routière, connu aussi sous le nom de « Loi Christine » (Christine's Law) et nommé ainsi en mémoire d'une femme décédée lorsqu'un amas de neige est tombé sur son véhicule.

Il renchérit en soulignant qu'outre la sécurité routière, les lois sur l'assurance-automobile du Québec et sur la santé et la sécurité au travail, la sécurité des employés, l'économie et l'environnement constituent d'autres facteurs à envisager par tout transporteur lorsqu'il est question de déneigement de remorques. Il cite en exemple l'article 2.9.1 de la Loi sur la santé et la sécurité au travail qui stipule qu'un travailleur  «ne peut se retrouver à plus de trois mètres de hauteur pour exercer ses fonctions sans qu'il n'ait de garde du corps ou sans être attaché». En bref, cela signifie qu'une remorque d'une hauteur standard de 13 pieds excède la hauteur permise par la loi et qu'un travailleur déneigeant une remorque devrait être attaché à l'aide d'un harnais, et cela même s'il se trouve sur une rampe de déneigement conventionnelle.

 

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