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Des semi-remorques bien adaptées au Québec

Par : Marie Cicchini

Un transporteur : PP Bourassa et Fils

Mario Bourassa, qui dirige l’entreprise PP Bourassa et Fils, à Saint-Zéphirin-de-Courval, est transporteur d’animaux d’élevage vivants, notamment des porcs.

Il s’est procuré certains véhicules de sa flotte de transport routier chez Machinerie Lépine, dans la région de Drummondville. Cette compagnie bien connue dans le milieu pour la fabrication de semi-remorques spécialisées pour le transport des bovins et des porcs.

Les véhicules standard sont fabriquées au États-Unis par Wilson, Barrett Trailers LLC, Merritt Equipment, Wilson Trailer, et bien d’autres géants américains. Ils occupent en bonne partie le créneau pour la fabrication des semi-remorques destinées au transport routier de ces animaux d’abattoir.

Mais les semi-remorques que fabrique Lépine pour le Québec sont exceptionnelles. En plus de tenir compte du climat plus rigoureux, elles sont conçues exprès pour les fermes ­d’élevage de cette province pour la raison qu’il n’y a pas de quai de chargement dans leurs installations. Il faut savoir que les bovins et les porcs sont des animaux d’élevage qui marchent sur un sol plat et qui sont incapables de monter dans un camion sans passerelle ou rampe d’embarquement. Les semi-remorques québécoises sont conçues pour monter et descendre les animaux vivants au niveau du sol avec une rampe hydraulique. Hors de la province et au Nouveau-Brunswick, à l’exception des petites fermes, les animaux d’abattoir montent dans les camions par des passerelles placées au niveau du quai. « En Ontario et aux États-Unis, tout le monde a des quais de chargement », explique M. Bourassa.

Davantage de demande des éleveurs de porcs

L’entreprise québécoise construit pourtant beaucoup moins de semi-remorques de ce genre pour les bovins ces temps-ci depuis que les éleveurs ont été frappés par des cas l’encéphalite spongiforme bovine (ESB) qui a fermé bien des portes à l’exportation du bœuf canadien. D’autant plus que depuis 25 ans, on produit moins de boeuf : les troupeaux ont diminué à cause de la meilleure génétique : « Une vache laitière aujourd’hui en vaut trois il y a 25 ans », poursuit Mario Bourassa.

Heureusement, ces semi-remorques de conception québécoise peuvent servir aux éleveurs qui peuvent ajuster les étages ou en ajouter pour transporter davantage ­d’animaux d’abattoir plus petits. Lépine peut adapter des véhicules standard en installant une rampe ajustable et un plancher amovible à l’intérieur.

Le génie de Machinerie Lépine

« Aux États-Unis, il n’y a pas de plancher mobile. Mais avec nos remorques, les animaux montent dans la remorque et quand le niveau est plein, l’ascenseur monte et on peut les charger en trois rangées. Mais ce n’est pas fait pour monter les bovins », explique Gérald Lépine, l’un des propriétaires de Machinerie Lépine qui reçoit des demandes d’équipement des grand producteurs et transporteurs de porcs de partout au Québec.

Machinerie Lépine est un des pionniers au Québec à fabriquer les semi-remorques entièrement en aluminium, et en fabrique parfois sur mesure pour répondre aux exigences diverses de ses clients. Une grande remorque peut transporter 150 et 260 animaux, dépendant de la grosseur des animaux en parlant des bovins et des porcs.

Il remarque que si ses semi-remorques en aluminium sont vulnérables à la corrosion en hiver, les transporteurs des États-Unis où il n’y a pas d’hiver ont également à composer avec la corrosion prématurée quand ils livrent leur stock au Canada en saison hivernale.

L’entreprise est actuellement en train de construire une remorque. Encouragée par une agence protectionniste, la compagnie se procure autant que possible l’aluminium chez des grands fournisseurs du Québec. Et le système hydraulique doit durer au moins 12 ans. « L’important, c’est de faire des remorques qui durent 20 ans. On en a fait qui ont 15 ans, et qui pourront durer encore quelques années », dit-il.

L’embarquement et le débarquement des animaux sont plus ou moins laborieux, tout dépendant de la conception de la rampe. Son équipement facilite bien la tâche du transporteur quand il faut aider des animaux fragi­lisés ou essoufflés par le voyage à sortir du camion. « Certains voyages vont bien, d’autres non, mais il y a beaucoup de facteurs qui jouent là-dedans ».

Penser au confort des animaux et des transporteurs

En ce qui concerne les prix, ils sont plus ou moins élevés, tout dépendant de l’équipement qu’on ajoute à la remorque. Lépine s’occupe beaucoup du confort et se concentre également sur le plancher mobile, mais on peut en ajouter un second mobile, ce qui permet de transporter davantage d’animaux et à quelqu’un de marcher en position debout dans la remorque lors du nettoyage. « Ça évite les traumatismes, et c’est meilleur pour le confort des personnes qui, après chaque usage, n’ont pas à se mettre à quatre pattes pour laver les remorques avec de grosses machines ».

C’est un métier où Gérald et René Lépine exercent leur créativité avec beaucoup de ­liberté. « Il n’y a aucun livre pour enseigner comment construire l’intérieur des remorques », a-t-il conclu.

Des semi-remorques à volailles clé en main

François Malouin, propriétaire de l’Atelier Ste-Émilie, à Ste-Émélie-de-L’Énergie, fabrique des semi-remorques destinées au transport routier des volailles vivantes. François Malouin était employé par l’entreprise comme ingénieur en mécanique avant de la racheter du fondateur qui n’avait aucune relève, en 2006.

Ses semi-remorques sont fabriquées clé en main, mais sans cages, et portent la marque de sécurité nationale pour être conformes aux normes fédérales et provinciales, qui sont portées à évoluer.

Le châssis incorpore l’acier spécialisé saab hardox qu’il se procure auprès de compagnies du Québec pour réduire l’épaisseur et les coûts, et rendre la remorque plus performante. « C’est important au niveau de la charpente, de la torsion, et de l’élongation », dit-il.

La plupart de ses clients sont au Québec, mais les remorques voyagent également en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

 « Pour la fabrication, on achète des remorques surbaissées, puis on met des poteaux qui servent à supporter les cages », poursuit-il. Pour rendre le plancher plus durable et prolonger la vie de la remorque, la compagnie a développé un plancher en acier galvanisé qui résiste mieux à l’acide du produit désinfectant utilisé pour le nettoyage et aux autres substances acides. Le plancher est également recouvert d’un plancher de plastique.

Une fois que les cages sont embarquées sur les remorques, le transport de la volaille se fait normalement de nuit pendant que les poules dorment à cause de leur agressivité. Les volailles ont le cœur fragile, et on réduit ainsi leur mortalité pendant le transport.

Les remorques sont également adaptées aux cages transportées et n’ont donc pas toutes la même configuration. Une remorque à volailles peut transporter 808 cages de 10 poulets. Il y a des chariots qui sont utilisés pour les dindes, qui ne sont pas transportées dans le même modèle de remorque. Pour le transport en hiver, les transporteurs peuvent mettre des toiles sur les côtés et le dessus pour mettre la cargaison à l’abri.

Elles ont également des capteurs pour contrôler la température à l’intérieur du camion, et un système de ventilation pour maintenir la température lorsque le camion est stationné avec sa cargaison.

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